Un nouveau rapport propose une série de solutions pour réduire l'écart alimentaire mondial

Les actions nécessaires pour améliorer la production et la consommation alimentaires pour réduire l’écart de 70% prévu d’ici à 2050.

JOHANNESBURG/WASHINGTON, 3 Décember 2013— Une nouvelle recherche présente des solutions pour répondre aux besoins alimentaires croissants du monde, tout en faisant progresser le développement économique et la durabilité environnementale. L'analyse démontre que le monde aura besoin de 70 pour cent de plus de nourriture, mesurée en calories, pour nourrir une population mondiale de 9,6 milliards de personnes en 2050. Il est possible de combler l'écart de la nourriture, tout en créant un environnement plus productif et plus sain grâce à des améliorations dans les modes de production et de consommation alimentaires.

Les conclusions sont présentées dans le nouveau rapport intérimaire du rapport mondial sur les ressources : création d'un avenir alimentaire durable,produit par l’Institut des ressources mondiales (WRI), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et la Banque mondiale. Le rapport sera publié lors de la 3ème Conférence mondiale sur l'Agriculture, la sécurité alimentaire et nutritionnelle et le changement climatique à Johannesburg, en Afrique du Sud.

Au cours des prochaines décennies, le monde sera confronté à un grand défi — et  à une opportunité — à l'intersection de la sécurité alimentaire, du développement et de l'environnement, » a déclaré le Dr. Andrew Steer, président et Directeur exécutif de WRI. « Pour répondre aux besoins humains, nous devons combler le fossé de 70 pour cent, qui représente l’écart entre la nourriture dont nous avons besoin et la nourriture dont nous disposons aujourd'hui. « Mais, nous devons le faire de manière à créer des opportunités pour les ruraux pauvres, limiter le défrichement des forêts et réduire  les émissions de gaz à effet de serre provenant de l'agriculture.»

Le rapport conclut que la stimulation de la productivité  agricole et animale sur les terres agricoles existantes est essentielle pour sauver les forêts et réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais que le monde n’était pas susceptible de réduire l’écart alimentaire uniquement à travers des augmentations de rendement. Le nouveau rapport constate que les rendements agricoles nécessiteraient un accroissement de 32 % de plus au cours des quatre prochaines décennies – en comparaison avec les 4 décennies précédentes pour éviter plus de perte des terres.

Heureusement,  il existe des solutions supplémentaires. Le rapport propose plusieurs solutions pour la réalisation d’un futur alimentaire durable.


« Le gaspillage de plus de 1,3 milliards de tonnes de nourriture chaque année, d’une valeur d’environ 1 billion de dollars américain, provoque d’importantes pertes économiques dans le monde,  tout en créant une pression additionnelle sur les ressources naturelles nécessaires pour nourrir la planète, »a déclaré Achim Steiner, Secrétaire général adjoint des NU  et directeur exécutif du PNUE. «Affaiblir la base écologique des systèmes alimentaires représente un coût pour l’environnement, avec des impacts négatifs sur la qualité des terres, la quantité de l'eau, la biodiversité et le climat mondial. Pour parvenir à la vision d'un monde véritablement durable, nous devons transformer la façon dont nous produisons et consommons nos ressources naturelles. La restauration des écosystèmes augmentera non seulement la quantité de nourriture produite mais améliorera aussi  l'état de l'environnement dont dépend  la production alimentaire. »
Le rapport inclut des recommandations pour réduire l’écart alimentaire en réduisant la consommation excessive telles que:

  • Réduire la perte et le gaspillage alimentaires: 2 pour cent des calories provenant  des aliments cultivés pour la consommation humaine sont actuellement perdus ou gaspillés. Réduire de moitié d'ici à 2050  le  taux de la perte et du gaspillage alimentaires  réduirait l’écart alimentaire de 20 pour cent.
  • Changer les régimes alimentaires : Les besoins croissants de pâturages ont entrainé plus de la moitié de l’expansion agricole depuis les années 1960, et la consommation de bœuf devrait augmenter de 80 % entre 2006 et 2050. Réduire la demande excessive de produits d'origine animale, en particulier dans les pays développés, pourrait protéger du déboisement des centaines de millions d'hectares de forêts.
  • Atteindre le niveau de  fécondité de remplacement : l'Afrique subsaharienne devra tripler sa production agricole entre 2006 et 2050 pour fournir une alimentation adéquate par habitant, en raison des projections de  croissance démographique. Le monde  en grande partie, est proche d’atteindre le niveau de remplacement de la fécondité par l'éducation des filles, la réduction de la mortalité infantile,  et l’accès aux services de santé de la reproduction. Aider l'Afrique subsaharienne dans ses efforts de réduction des taux de fécondité grâce aux améliorations dans la santé et l'éducation pourrait aider à combler l'écart alimentaire de 25 pour cent  dans la région et générer d’importants avantages économiques et sociaux.

« De la réduction  du gaspillage alimentaire à l’amélioration des pratiques agricoles, nourrir une population croissante nécessite de travailler  sur plusieurs fronts en même temps, », a déclaré le directeur de la Banque mondiale pour l'Agriculture et les Services environnementaux, Juergen Voegele. « Appliquer les principes de l'Agriculture respectueuse  du climat dans  les espaces naturels — c’est-à-dire  pour les champs, le bétail, les forêts et la pêche— a le potentiel d'accroître la sécurité alimentaire de façon durable, renforcer la résilience et réduire l'empreinte écologique de l'agriculture. Poursuivre  cette démarche n'est pas un luxe, c'est un impératif. »
Le rapport comprend également des recommandations pour réduire l’écart alimentaire à travers l’amélioration de la production alimentaire, telles que:

  • Améliorer la gestion des sols et des eaux : les agriculteurs peuvent augmenter leurs rendements sur des terres agricoles existantes en mettant en œuvre un ensemble de pratiques de gestion des sols et des eaux telles que l'agroforesterie et la récupération de l'eau de pluie. De telles pratiques ont par exemple, doublé ces dix dernières les rendements  de maïs et d’autres céréales au Burkina Faso, au Niger et en Zambie.
  • Améliorer la productivité des zones pastorales : Les zones de pâturages pour le bétail occupent le double de la superficie de terres cultivées dans le monde entier. Les agriculteurs peuvent augmenter la production  de lait et de viande sur des pâturages existants  à travers des pratiques d'intensification durable telles que les techniques de pâturage rotatif, l’amélioration des soins de santé du bétail et l’intégration d’arbres ombrageux et d’arbustes fixant l’azote dans les pâturages, ce qui améliore  la qualité de l'herbe.
  • Utilisation  de terres dégradées : le monde comprend beaucoup de  « de terres dégradées à faible teneur en carbone, » des  zones où la végétation  d’origine  a été détruite il y a longtemps et qui ont maintenant des niveaux très faibles de carbone, de biodiversité et qui sont faiblement utilisés . Toute expansion future dans le secteur agricole devrait se concentrer à restaurer ces terres dégradées en zones de productivité  avec le consentement des communautés locales.
  • Éviter la rotation des terres: un  nouveau satellite de données montre que quand la superficie totale des terres agricoles dans une région reste stable ou diminue,  la technique de rotation des cultures, cause la  déforestation sur des millions d'hectares.
  • Appuyer les agriculteurs : les écarts de rendement, la différence entre les rendements effectifs d’un fermier et ses rendements potentiels, existent encore dans de nombreux endroits. Relever les techniques agricoles les plus inefficaces  à des niveaux de rendement agricole standards, aidera à combler les écarts de rendement et à améliorer les moyens de subsistance des petits exploitants agricoles. Veiller à ce que les agricultrices aient accès aux mêmes ressources que les agriculteurs — tels que les engrais, les  semences, les finances et les terres —est une étape importante.

«Etant donné que l’agriculteur est un secteur économique majeur dans de nombreux pays en développement, aider  les agriculteurs  à réduire l’écart entre rendements actuels et potentiels représente une énorme opportunité pour faire avancer le développement inclusif et durable, », a déclaré Helen Clark, administrateur du PNUD. « L’approche de «venir en aide à tous les agriculteurs » est nécessaire. Comme les femmes produisent entre 60 et 80 % des cultures vivrières dans les pays en développement, une telle approche devrait  débuter par des efforts visant à combler l'écart entre les genres dans le secteur agricole, qui perpétue les cycles de pauvreté et de faim. »
La version finale du rapport sur les ressources mondiales 2013-2014 : création d’un avenir alimentaire durable  sera publiée à la mi-2014 et proposera plus de solutions pour combler l’écart alimentaire, tout en accordant une attention particulière aux politiques, aux  pratiques, et  pour effectivement conduire à un changement.

Téléchargez le rapport en cliquant sur le lien suivant: : http://www.wri.org/publication/creating-sustainable-food-future-interim-findings

Pour ensavoir plus sur le rapport sur les ressources mondiales cliquez :  http://www.worldresourcesreport.org


Photo credit: jankie, Flickr


A propos de l’institut des ressources mondiales
WRI est un organisme de recherche mondiale présent dans plus de 50 pays, avec des bureaux aux États-Unis, en Chine, en Inde, et au Brésil, et plus.Plus de 300 experts et membres du personneltravaillent en étroite collaboration avec les dirigeants pour transformer de grandes idées en action et soutenir les ressources naturelles — la base pour des opportunités économiques et le bien-être humain.

A propos du programme des Nations unies pour l'environnement 
Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), créé en 1972, est la voix de l'environnement au sein du système des Nations Unies. Le PNUE agit comme  un catalyseur, un défenseur, un  éducateur et un facilitateur pour promouvoir l'utilisation rationnelle et le développement durable de l'environnement mondial. Pour se faire, le PNUE collabore avec un large éventail de partenaires, y compris les entités des Nations Unies, les organisations internationales, les gouvernements, les organisations non gouvernementales, le secteur privé et la société civile..www.unep.org

A propos du programme des Nations unies pour le développement 
Le Programme des Nations Unies est l'Agence de développement global des Nations Unies, qui travaille sur le terrain dans 177 pays  pour fournir des connaissances, de l’expérience et  des ressources pour élaborer des solutions nationales  aux défis de développement mondiaux et nationaux. Le PNUD s'associe à tous les niveaux de la société pour aider à construire des nations qui peuvent résister à la crise et les aider à construire et maintenir un niveau de croissance qui améliore la qualité de vie de tous. L’objectif du PNUD est d'aider les pays  à construire et à partager des solutions aux défis de : réduction de la pauvreté ; de gouvernance démocratique ; de prévention et  de résilience aux crises; d’environnement et d’énergie pour un développement durable. Le réseau du PNUD relie et coordonne les efforts mondiaux et nationaux pour atteindre les objectifs de développement du millénaire.

A propos de la banque mondiale 
Le groupe de la Banque mondiale est l'une des sources plus importantes du monde du financement et de connaissances pour les pays en développement. Il comprend cinq institutions étroitement liées: la Banque internationale pour la Reconstruction et le développement (Bird) et l'Association internationale de développement (IDA), qui ensemble forment la Banque mondiale ; la société financière internationale (SFI) ; l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) ; et le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Chaque institution joue un rôle distinct dans la mission de lutte contre la pauvreté et améliorer les niveaux de vie des personnes dans le monde en développement. Pour plus d'informations, consultezwww.worldbank.orgwww.ifc.org, et www.miga.org.

A propos de Think.Eat.Save – Reduce your foodprint 
Une campagne mondiale lancée en janvier 2013 par des Nations Unies  pour l’Environnement (PNUE), l’organisation des Nations pour l’alimentation et l’agriculture  et leurs  partenaires pour réduire le gaspillage alimentaire La campagne Think.Eat.Save. Reduce Your Foodprint  intitulée en français « Pensez – Mangez – Preservez- Dites NON au gaspillage alimentaire! »: vient en appui à l’initiative  Save Food  « conservons les aliments »  qui a pour but de réduire le gaspillage et la perte des aliments le long de l’ensemble de la chaine de production et de consommation. Cette initiative est entreprise par la FAO et l’organisateur de salons professionnels Messe Düsseldorf ainsi que le défi Faim Zéro lancé par le Secrétaire Général des Nations Unies. La nouvelle campagne cible spécifiquement la nourriture gaspillée par les consommateurs, les distributeurs alimentaires et l'industrie hôtelière. Elle vise à accélérer l'action et fournir une vision globale et le partage de l'information.

Partenaires